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de Châtellerault

 
   
   
 
Clément Janequin
 
michel angelo  
Maître de la chanson polyphonique au XVIe siècle, et clerc, il a été plus original dans le domaine de la musique profane que dans celui de la musique sacrée
Compositeur emblématique de la Renaissance française, cet ecclésiastique fut décrit comme chantre du Roy. Dans le Bordelais, l'Anjou comme à Paris, il a laissé plus de 400 chansons, deux messes et des motets.

 

Sa vie, son oeuvre, ses succès, sa renommée

  • Il est né à Châtellerault vers 1485. Il n'existe aucun témoin documentaire sur les premières études musicales de Janequin, et choriste, il a dû être formé à la maîtrise de cette ville. il aurait été disciple de Josquin des Prés. avant d'entrer au service de Louis de Ronsard, père du célèbre poète Ronsard, avec lequel il aurait pris part à la bataille de Marignan inspiratrice d'une de ses plus célèbres chansons.

  • En 1505 il est clerc à Bordeaux, au service de Lancelot Du Fau († 1523), un humaniste, président de la cour des requêtes du Parlement de Bordeaux, curé général de l'archevêché, ayant un canonicat à Saint-André et Saint-Seurin, évêque de Luçon en 1515. C'est de cette période que datent les premiers témoins de l'activité musicale de Janequin

  • En 1523, après la mort de Lancelot Du Fau, le jeune Janequin qui avait entre-temps achevé des études qui lui ouvraient l'accès aux ordres est recueilli par Jean de Foix (évêque de Bordeaux). Ordonné prêtre, il reçoit des prébendes mineures (peu lucratives).Clément Janequin. Page de titre du Cinquiesme livre du recueil, Paris, Nicolas Du Chemin, 1551, « cahier de Superius »

  • En 1525, il a un canonicat à Saint-Émilion, et en 1526, il a la charge des messes d'anniversaires (procureur des âmes). La même année il est curé de Saint-Michel de Rieufret, en 1530 de Saint-Jean-de-Mézos, et doyen de Garosse. Il rencontre le poète et musicien Eustorg de Beaulieu (1495-1552) qui laissera le récit d'une rencontre avec  Bernard de Lahet, avocat au parlement de Bordeaux, qui organise des soirées musicales en son logis en 1529 (chansons à trois voix). Chanoine de Saint-Emilion en 1525, il a, jusqu'en 1531, plusieurs prébendes de la région bordelaise. Jean de Foix meurt en 1529 et Janequin perd le bénéfice de ses prébendes et doit chercher d'autres moyens de subsistance. Sa composition chantons, sonnez trompettes qui célèbre l'entrée de François Premier à Bordeaux est un succès auquel il doit peut-être le titre de chantre du roi Sa renommée grandit assez rapidement puisque, Dès 1528 peut-être, peu après avoir commencé ses impressions de musique polyphonique, l'imprimeur parisien Pierre Attaingnant n'hésite pas à publier un recueil composé exclusivement de ses œuvres, les Chansons de maistre Clement Janequin nouvellement et correctement imprimeez. Alors qu'il ne semble pas avoir été employé comme chantre du roi de France (contrairement à Sermisy, par exemple), il obtient, par le biais des éditions, le statut européen de compositeur populaire, et fait d'ailleurs partie des rares compositeurs à qui plusieurs recueils d'auteur sont consacrés.

  • En 1531 le compositeur est décrit à la fois comme maître des enfants de la cathédrale d'Auch et comme « chantre du Roy », titre que lui vaut peut-être la chanson Chantons, sonnons trompetes interprétée lors du passage de François Ier et de la cour à Bordeaux en 1530. Ayant quitté la région bordelaise en 1531, Janequin s'installe alors en Anjou : à la cure de Saint-Nicolas de Brossay qu'il possède depuis 1526 et à la chapelainie de la cathédrale Saint-Maurice d'Angers dont il a la responsabilité depuis 1527. Son frère Simon à Angers. C'est sans doute ce qui incite Janequin à se rendre en cette ville.

  • En mars 1533, l'évêque d'Angers le présente comme curé d'Avrillé Entre 1533 et 1535, s'ajoutent bientôt les charges de curé d'Avrillé (1533) Entre 1533 et 1540, Attaingnant publie 4 recueils de ses chansons ; en 1540, Moderne en publie un.chanteurs

  •  De 1534 à 1537, il est maître de la psallette de la cathédrale Saint-Maurice d'Angers (dont le clocher de la tour médiane, ayant prit feu en  1533 est en reconstruction). Durant cette période, qui reste la plus féconde de sa carrière, ses protecteurs sont François de Gondi et peut-être déjà le cardinal Jean de Lorraine

  • En 1537 il est remplacé par Loys Henry. Il semble qu'il soit resté quelques années encore à Angers.

  • Vers 1540, il est régulièrement à Paris.

  • le10 août 1548, un acte notarié le cite comme étudiant à Anger et curé d'Unverre près de Chartres (à laquelle il n'est peut-être inscrit que pour jouir de quelques privilèges, Il peut aussi avoir besoin de diplômes comme l'exige l'attribution des prébendes d'importance) c'est aussi l'année au cours de laquelle il s'inscrit à l'université d'Angers puis à celle de Paris il poursuivit des études à l'université de cette ville.

  • Entre août et octobre 1549, Il s'installe d'ailleurs définitivement dans la rue de la Sorbonne à Paris. Il fréquente les puissants du jour, gravitant autour de la cour de Henri II, bénéficie de la protection du cardinal Jean de Lorraine et de François de Guise, qui en fait son chapelain et son musicien. On le retrouve à l'université de Paris où cet étudiant sexagénaire se lie avec son cadet Claude Goudimel, grâce à qui il se fait éditer chez Nicolas Du Chemin. Puis il s'associe au petit groupe (Pierre Certon, Marc-Antoine Muret, Goudimel) qui travaille à l'illustration musicale des Amours de Ronsard. Le début de sa vie parisienne est marqué par une série de procès avec sa famille

  • dès septembre 1555, il porte le titre de «chantre ordinaire de la chapelle du roi». Il se consacre, dès lors, à la composition d'œuvres religieuses : Lamentations de Jérémie, Proverbes de Salomon, Psaumes. Dans ses Psaumes, Janequin utilise les mélodies traditionnelles du psautier huguenot, mais rien ne permet de penser qu'il ait adhéré à la Réforme.

  • peu avant sa mort, survenue peut-être au début de 1558, il obtient le titre de «compositeur ordinaire du roi», désignation que seul un autre musicien (Pierre Sandrin) semble avoir portée avant lui. Célèbre dans l'Europe entière pour ses chansons, il n'a jamais reçu de substantiels bénéfices, jamais rempli une fonction importante. Aucune lamentation n'a été écrite à sa mort..

  • Cette carrière nomade (trois ans au maximum dans un même poste de maître de chapelle) est très atypique en France lorsqu'on sait qu'un Pierre Certon resta quarante ans à la Sainte-Chapelle. Janequin a recherché particulièrement la protection des grands seigneurs et a célébré les succès militaires des différents rois et ducs (François Ier avec La Bataille de Marignan et le duc de Guise avec la Bataille de Metz). Il n'en tira guère de profit, se ruinant dans d'interminables procès avec son frère aîné qu'il accusait de lui avoir volé sa part d'héritage.

  • Janequin fut un maître des chants polyphoniques et spirituels. On peut trouver une liste de toute sa production musicale ici

  • Compositeur prolifique, à l'affût des nouveautés, il laisse une œuvre tout aussi originale que variée: à plus de deux cent cinquante chansons françaises, imprimées en Italie dès 1520, à plus de cent cinquante psaumes et chansons spirituelles (1549-1559), s'ajoutent encore des motets (notamment un recueil, aujourd'hui perdu, paru en 1533), deux messes composées sur ses propres chansons et un madrigal italien. Plusieurs de ses chansons ont été publiées entre 1520 et 1540 par Pierre Attaingnant à Paris et Andréa Antico à Rome. Nombre des poèmes qu'il met en musique n'ont pu être identifiés. Toutefois, une évolution dans les choix littéraires est perceptible : ses premières chansons reposent sur des textes anciens, du début du siècle, et sur des poèmes écrits par ses contemporains - Clément Marot, Mellin de Saint-Gelais, Claude Chappuys et leur maître, François Ier, ou l'Angevin Germain Colin Bucher ; au contraire, après la mort de Marot (1544), Janequin se tourne désormais vers les poètes de la nouvelle génération que sont Joachim Du Bellay, Jean-Antoine de Baïf et surtout Pierre de Ronsard.
    Aujourd’hui encore, son œuvre connaît une large diffusion, notamment en ce qui concerne les chansons profanes, en France comme à l'étranger. De nombreuses oeuvres de Janequin se distinguent par leur veine lyrique, l'adhésion de la musique au texte, leur élégance fluide et leur variété rythmique. La nouveauté et le succès de ses chansons à programme (par exemple, Le chant des oiseaux, La guerre) comme de ses chansons lyriques (Qu'est-ce d'amour) s'expliquent notamment par le soin tout particulier porté à l'expression dramatique du texte, au point de casser les moules traditionnels de la chanson polyphonique. Sa maîtrise de la conduite mélodique et rythmique fait en effet de ses chansons narratives (Martin menoit son pourceau au marché) et descriptives (L'alouette, Le caquet des femmes) de véritables fresques sonores. Son œuvre spirituelle renferme également certains traits novateurs : en témoignent les «accords non usités" qui parsèment les Octane deux pseaumes (qu'il dédie à la reine Catherine de Médicis) et qui préfigurent les expérimentations, en France, de Guillaume Costeley, entre autres. Preuve supplémentaire de sa curiosité, il est l'un des quatre compositeurs - avec Claude Goudimel, Pierre Certon et Marc Antoine Muret - à offrir des timbres polyphoniques aux célèbres Amours de Pierre de Ronsard (1552).

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